logo
Canada’s Dance Magazine
  • PRINT
  • ONLINE
  • LIVE

Column

In the Studio | En Studio

Marc Boivin

By Megan Andrews

« Longtemps, la simple satisfaction de danser a dépassé mon désir de créer. De l’interprétation à l’enseignement et plus récemment à la chorégraphie, la recherche et le plaisir de la pratique dans ses différentes formes ont tracé mon chemin. | “For a long time, the simple satisfaction of dancing has overridden my desire to create. From interpretation to teaching and more recently choreographing, research and the pleasure of practicing different forms has marked my path.

« Longtemps, la simple satisfaction de danser a dépassé mon désir de créer. De l’interprétation à l’enseignement et plus récemment à la chorégraphie, la recherche et le plaisir de la pratique dans ses différentes formes ont tracé mon chemin. Les approches multiples ont été plus cumulatives que consécutives. Et, depuis 1992, l’improvisation a pris notamment plus de place et, avec elle, le goût de créer.

« La sensibilité des êtres est une chose privée et fragile. Elle définit nos manières de percevoir le monde et d’y participer. La scène étant le miroir partiel d’expériences humaines, dans le travail, la confrontation des propositions artistiques atteste le désir de communication propre à chacun et les divers rapports que nous entretenons avec l’abstraction.

« Dans un studio, la chose la plus déterminante pour moi a toujours été la confrontation des univers poétiques, et l’écoute de ce qui émerge de là. Les choix qui mènent à la création d’une œuvre sont porteurs de sens ; ils portent un état dynamique qui précède la définition des choses, qui interpelle la conscience : « cela me fait penser à … c’est comme si … cela se réfère à … ». L’abstraction est une manière de dégager l’essence vitale d’une perception et de la revêtir d’une forme sensible, nouvelle, de lui donner chair.

« Pour emprunter les mots de rédactrice Kaija Pepper (Dance International, 1995) : « L’abstrait est un lieu dynamique qui, loin de l’ignorer, dialogue avec l’essence humaine ». Cette phrase est tirée d’une critique de Pepper sur mon travail d’interprète. Je l’ai toujours conservée en début de ma biographie. Elle me semblait alors, et encore, nommer, au-delà de la liste biographique, ce qui définit un parcours.

« Parallèlement, un parcours biographique est prétexte à cibler l’idée du parcours au-delà de celle de la biographie. Le corps reçoit les impacts qui l’informent. La perméabilité n’est pas innocente. L’autre est en moi et je suis les autres. Toute situation cause une chimie particulière, une mise en état du corps dans un espace-temps. La parole et l’écoute se jouent toujours, l’une en gage de l’autre.

« L’isolement complet n’est jamais atteint et pourtant l’impression de solitude existe vraiment. Le solo Impact et le projet connexe I13(au carré) sont issus de cette réflexion. Pour leurs conceptions j’ai cherché à juxtaposer ma sensibilité à celle des collaborateurs, Sophie Corriveau, Diane Labrosse, Yan Lee Chan et tout particulièrement Jonathan Inksetter. Je voulais refléter mon abstraction dans la leur, déposer ma poésie dans leur équivoque, laisser être la collaboration, la communication. »

“For a long time, the simple satisfaction of dancing has overridden my desire to create. From interpretation to teaching and more recently choreographing, research and the pleasure of practicing different forms has marked my path. Multiple approaches have been more cumulative than consecutive. And, since 1992, improvisation has taken a more prominent place, and with it, the desire to create.

“The sensibility of beings is a private and fragile thing. It defines our way of perceiving and participating in the world. Taking performance as a partial mirror of human experience, in the work the raising of artistic propositions attests to a desire for our own unique communication and for our diverse relationships to abstraction.

“In a studio, the most significant thing for me has always been the confrontation with the poetic realm, and listening to what emerges from there. Choices that lead toward the creation of a work bear meaning; they carry a dynamic state that precedes the definition of things, that calls upon consciousness: “that makes me think of … that’s as if … that refers to ….” Abstraction is a manner of extending the vital essence of a perception and turning it into a meaningful form, anew, to give it flesh.

“Borrowing the words of writer Kaija Pepper (Dance International, 1995): “The abstract is a dynamic place that speaks about and doesn’t ignore human essence.” This phrase is taken from a review by Pepper of my work as an interpreter. I have kept it at the beginning of my biography. This seemed to me then and still, to name, beyond the biographical facts, that which defines a path.

“Similarly, a biographical path is a chance to focus on the idea of a path outside or beyond the idea of biography. The body receives impacts that inform it. Its permeability is not innocent. The other is in me and I am others. Every situation creates a particular chemistry, a state of being in the body in a space-time. Speech and listening always interplay, one presupposes the other.

“Isolation is never complete and nevertheless the impression of solitude really does exist. The solo Impact and the related project I 13(square) are born from this reflection. For their conceptions, I aimed to juxtapose my sensibility with those of my collaborators, Sophie Corriveau, Diane Labrosse, Yan Lee Chan and particularly Jonathan Inksetter. I wanted to reflect my abstraction in theirs, release my poetry within theirs, allow the collaboration, the communication.”

Depuis ses débuts en 1982 au Groupe de la Place Royale à Ottawa, sous la direction de Peter Boneham, Marc Boivin a travaillé comme interprète pour de nombreux chorégraphes dont Ginette Laurin (O Vertigo), Louise Bédard, Sylvain Émard, Jean-Pierre Perreault,Tedd Robinson, Felix Ruckert et Catherine Tardif. Il participe aussi à plusieurs projets d’improvisation principalement avec Peter Bingham et Andrew Harwood. Boivin entame dès 1987 une carrière d’enseignant à LADMMI, L’École de danse contemporaine. Président de la Fondation Jean-Pierre Perreault depuis 2005, il a longuement siégé au conseil d’administration du Regroupement québécois de la danse (RQD). Le solo Impact, la première pièce qu’il chorégraphie pour lui-même, arrive dans son parcours telle une synthèse de plusieurs années de métier.

Marc Boivin began his career in 1982 with Ottawa’s Groupe de la Place Royale, under the direction of Peter Boneham, and has since worked with many choreographers including Ginette Laurin (O Vertigo), Louise Bédard, Sylvain Émard, Jean-Pierre Perreault, Tedd Robinson, Felix Ruckert and Catherine Tardif. He has also taken part in numerous improvisation projects mainly with Peter Bingham and Andrew Harwood. Boivin has pursued a teaching career since 1987 at LADMMI - L’École de danse contemporaine. He is president of Fondation Jean-Pierre Perreault, and was a longtime member of the board of the Regroupement québécois de la danse (RQD). The solo Impact, the first piece that he has choreographed for himself, is a synthesis of many years of craft and artistic practice.

*A shorter version of this article appears in the May 2009 issue of The Dance Current.

Pour en savoir plus | Learn more:www.tangente.qc.ca

You May Also Like...

LISTINGS THIS WEEK